Les Landes au rythme de la France du XIXe siècle
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2. Nouvelle société et entrée en politique

2.3. Les débuts de la Troisième République

En 1869-1870, le Second Empire reste encore profondément ancré dans le territoire landais et les oppositions républicaines, en dépit d'un essor sensible, ne sont encore qu'imparfaitement organisées. La déchéance de Napoléon III en 1870 précipite le processus de fermentation républicaine à l'échelle nationale, comme au niveau du département. L'avènement de la République est lent. Ainsi, en 1871, seul le nord du département semble vraiment acquis aux républicains. Sans doute doit on y voir l'influence du quotidien bordelais La Gironde, organe républicain. Le canton de Sore en particulier, passe alors pour l'un des plus démocrate d'Aquitaine et même de France. On assiste également, lors des élections de 1871, au retour d'anciens représentants du peuple élus en 1848-49, auréolés de leur passé d'opposants à l'Empire, comme Pascal Duprat, élu alors député, et Victor Lefranc, qui sera plus tard élu sénateur.


Mais, entre 1871 et 1879, le poids des partis hostiles à la République, légitimistes, orléanistes et bonapartistes, pèse encore sur le destin du régime. Ainsi, dans les Landes, les représentants de ces divers partis conservateurs ne sont encore que partiellement remplacés par les républicains. Le marquis Joseph de Guilloutet, candidat bonapartiste, est ainsi envoyé en 1876 à la Chambre des députés par les landais. Il est même réélu en 1877, 1881 et 1885, puis après un échec en 1886, est à nouveau élu en 1889.


Les républicains savent toutefois contrer l'influence des notables conservateurs en se présentant comme le rempart de la propriété privée, à la fois contre les dangers d'un retour à l'Ancien Régime et du rétablissement de la puissance féodale et cléricale, et contre les tentations de république sociale. Le Républicain Landais, premier grand quotidien républicain des Landes, créé en 1870, soutient cette démarche, en affichant en sous-titre le slogan "Ni réaction, ni révolution". La propagande énergique de cet organe quasi officiel des républicains modérés et le soutien de nouvelles couches de population contribue à partir de la fin des années 1880 à éroder définitivement l'influence des partis conservateurs.


Il est important de souligner le rôle déterminant de ces nouvelles couches sociales dans la progression de l'adhésion au régime. Déjà, sous le Second Empire, certains d'entre eux se livrent à un important travail de diffusion des idées républicaines. On peut par exemple citer le cas du Docteur Gobert, qui fonda à Mont-de-Marsan, la loge maçonnique La Concorde. L'avènement, sous la Troisième République, d'une nouvelle élite politique composée de médecins, d'avocats, mais aussi de négociants en bois, de maîtres de forges et de quelques grands propriétaires fonciers, doit lui aussi être rapproché des mutations économiques et politiques de la période du Second Empire.


Les négociants en bois, les maîtres des forges ou certains propriétaires fonciers constituent par exemple, les représentants de nouvelles élites sociales, dont l'influence dans la vie économique du département s'est fortement accrue à partir de la fin des années 1860, avec l'extension des zones forestières. Souvent insatisfaits devant l'autoritarisme politique et économique du Second Empire, ils ont été rapidement conquis par une République qui affiche sa volonté de ne pas bouleverser l'ordre social et ont pu concrétiser politiquement leur position sociale en conquérant les positions abandonnées par les conservateurs.

Dans le cas des Landes, on peut aussi avancer que l'ascension politique des médecins, des avocats ou des notaires correspond également à un mouvement d'effacement progressif des grands propriétaires, représentants des élites traditionnelles. Avec l'essor de la grande propriété forestière, bon nombre d'entre eux ont quitté le département, ouvrant la voie à de nouveaux notables.


A l'aube du XXe siècle, les républicains modérés ont ainsi rallié l'écrasante majorité des paysans français, et notamment landais. Dans le département, s'imposent de nouvelles élites politiques qui contribuent à ancrer profondément la République. Mais dans le même temps, les évolutions sociales et économiques se poursuivent et à la charnière des deux siècles, s'ouvre une période de vastes mouvements qui animent la vie sociale et politique du département.
 
 

 



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